Le mot du Créateur : Cérémonie Black Tie

Le mot du Créateur : Cérémonie Black Tie

Catégories : Conseils

Dress code Black Tie : quelles sont les vraies règles (et faut-il les suivre) ?

“L’invitation tombe : "Black Tie". Une explication de texte s’impose. Si le carton stipulait White Tie (cravate blanche), on attendrait de vous le port du frac, avec queue-de-pie et nœud papillon blanc. Le White Tie se fait rare. Le Black Tie (cravate noire), en revanche, est le code vestimentaire pour exiger une chose : le port du smoking et noeud papillon noir.

Face à cette consigne, on peut être tenté de ruser avec un bon costume sombre et une cravate noire. C’est dommage : le smoking est sans doute la tenue de cérémonie la plus élégante qu'un homme puisse porter. Aujourd'hui, l'à-peu-près vestimentaire s'est tellement généralisé qu'arriver dans un vrai smoking relève presque de la rébellion. Respecter l'étiquette du Black Tie à la lettre c'est finalement la meilleure façon de se démarquer. Le Black Tie, c’est le nouveau Punk. Ou presque.

Historiquement, cette tenue a d'ailleurs été créée pour bousculer les codes, et sa paternité se dispute de part et d'autre de l'Atlantique. Les Anglais en revendiquent l'invention : dès 1865, le tailleur londonien Henry Poole coupe une veste de soirée courte, taillée dans une soie bleu céleste, pour que le (très punk) prince de Galles (futur Édouard VII) puisse dîner en toute détente dans son domaine de Sandringham. Comprenez : sans queue-de-pie. Vingt ans plus tard, l'idée traverse l'océan. En 1886, de jeunes héritiers américains importent cette veste courte et font sensation au très sélect Tuxedo Club de New York. Ce qui était alors une provocation est rapidement devenu la norme de l'élégance nocturne (donnant au passage son nom américain au vêtement, le Tuxedo).

Composé d'une veste à revers recouverts de soie (pour accrocher la lumière) et d'un pantalon souligné d'un galon latéral, le smoking est donc une pièce à part. Il ne tolère pas les mauvais accessoires. Passage en revue : 

Le Nœud Papillon À nouer soi-même, évidemment. Chez Cinabre, ils sont réalisés à la main dans nos ateliers, puis pré-noués par nos soins dans leur écrin. Le chic de la fin de soirée : pouvoir laisser pendre son nœud négligemment sur un col ouvert quand la nuit bascule.

La Chemise de Smoking Sous la veste, on oublie la chemise de bureau classique. La chemise de smoking arbore un plastron texturé (plissé ou piqué) qui structure le buste. Le col peut être cassé ou rabattu. Et évidemment elle n’a pas un seul bouton cousu.

Boutons de chemise et de manchette Les poignets mousquetaires et le plastron de votre chemise exigent un matériel irréprochable. Le boutonnage se fait avec des boutons amovibles (les fameux studs ou goujons), qui s'assortissent toujours à vos boutons de manchette. 

La Ceinture de Smoking La ceinture en soie plissée (le cummerbund) sert à masquer cette zone de rupture toujours disgracieuse où la chemise a tendance à plisser en rentrant dans le pantalon. En recouvrant cette zone peu flatteuse, elle nettoie la silhouette et allonge la jambe.

Pochette et Boutonnière La poche poitrine ne doit jamais rester vide. Une pochette blanche, glissée sans trop de géométrie, fait parfaitement le travail. Les plus avertis piqueront une boutonnière — une fleur en soie montée à la main chez Cinabre — pour encore plus d'allure.

Les Souliers Pour ceux qui veulent maîtriser jusqu’au bout l'exercice, on choisit des slippers en velours ou des opera pumps (des souliers vernis très échancrés ornés d'un nœud en soie).

Le Black Tie est mon dress code de prédilection. Mon twist personnel ? Remplacer la veste par une de mes robes de chambre Cinabre. Toutes les fêtes que j'organise imposent le Black Tie. L'idée est de provoquer chez mes invités cette révélation existentielle (si, si) : avec un ensemble Black Tie, ils auront de l’allure depuis le première coupe de la soirée jusqu’à l’aube. Parce qu’un homme en smoking donne toujours l'impression de posséder l'endroit où il se trouve. Même s'il ne fait qu’y commander un verre."